Retour sur le Forum Grand Paris Makers 2018

Retour sur le Forum Grand Paris Makers 2018

Moments forts


Table-ronde
Fédérer par les dynamiques économiques partagées du Grand Paris


Pitches
Associer grands groupes & start-ups pour la réussite du Grand Paris


Présentation des premiers résultats du Global Cities Investment Monitor 2018


Table-ronde
Faciliter la transformation de bureaux en logements


Allocution de Julien DENORMANDIE, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires


Annonce du lancement du Prix de la transformation de bureaux en logements


Revue de presse


Consacré cette année aux innovations déployées par les Grand Paris Makers ® dans tous les domaines (innovations sociales et sociétales, industrielles et technologiques), cette 5e édition du Forum Grand Paris a rassemblé, le 28 mars 2018 à la CCI Paris Ile-de-France, de nombreux invités venus apporter leur témoignage pour la réussite du Grand Paris.

A cette occasion, les propositions du groupe de travail s’inscrivant dans la stratégie de choc de l’offre du gouvernement ont été annoncées en présence de Julien DENORMANDIE, Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de la Cohésion des Territoires.

Accueil

Didier KLING
Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris Ile-de-France

« Avec le Grand Paris, on s’inscrit dans un projet dans la lignée de ceux du Baron Haussmann et de Paul Delouvrier. C’est un projet qui s’inscrit dans les priorités des pouvoirs publics, un projet qui acte que notre métropole est en compétition avec les autres métropoles mondiales et qui vise à nous doter des outils et des infrastructures pour répondre à cette concurrence.

« C’est un projet qui va nous faire gagner jusqu’en 2030 1 point de croissance. C’est considérable et cela joue un effet d’entraînement pour l’ensemble de la richesse nationale. C’est un projet économique au service du développement et de l’emploi, avec 35 milliards d’investissement public et au total plus de 100 milliards d’investissements attendus. Pour le logement l’objectif de 70 000 logements neuf chaque année est d’ores et déjà dépassé, avec plus de 80 000 logements.

« Avec Paris-Saclay, nous avons 15% de la recherche française, mais c’est aussi un lieu de rapprochement de l’entreprise et de l’université. Bref, c’est tout un écosystème nouveau qui se met en place.

« Dans le cadre du Brexit, nous avons mené une étude pour savoir si nos capacités d’accueil étaient suffisantes, afin de pouvoir accueillir à terme entre 30 000 et 50 000 personnes venant de Londres. Pour le tourisme d’affaires, nous sommes particulièrement actifs. Vous avez pu voir Porte de Versailles le chantier qui, sur les 10 prochaines années, va créer le plus grand palais des congrès d’Europe.

« Enfin, la plateforme mise en place par la CCI sous la direction d’Etienne Guyot permet aux PME de bénéficier à plein des appels d’offres liés au Grand Paris ».

Didier Kling
Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Région Paris Ile-de-France

Introduction

Christian NIBOUREL
Président de Paris-Ile de France Capitale Economique

« Cette convergence de tous les Grand Paris Makers, grands groupes et start-ups, est un fait véritablement exceptionnel qui fait la force et l’attrait du Grand Paris dans le monde.

« Pour nos interlocuteurs étrangers, l’élément le plus remarquable est cet ensemble où chaque acteur fait la courte échelle à l’autre de façon coordonnée, dans une ambition groupée, organisée, pour assurer à la région capitale d’être au premier rang des métropoles les plus attractives et les plus performantes au monde.

« Son originalité nous impose d’être innovant dans tous les domaines : technologique, industriel, social, sociétal et administratif évidemment, mais innovant aussi dans l’intégration financière et l’appropriation citoyenne.

« Paris-Ile de France Capitale Economique est le lieu où convergent toutes ces énergies, le lieu où se réunissent les acteurs de l’immobilier, les opérateurs de transport, les entreprises de services numériques de communication, les industries ferroviaires, les constructeurs, les territoires, les établissements publics, le lieu où se réunissent tous ceux qui par leur exigence font rayonner le Grand Paris dans le monde.

« Soyons audacieux, soyons innovants, soyons agiles, pour faire vivre et gagner la région capitale ».

Paris-Ile de France Capitale Economique est le lieu où convergent toutes ces énergies. Le lieu où se réunissent tous ceux qui par leur exigence font rayonner le Grand Paris dans le monde.

Christian Nibourel

Président de Paris-Ile de France Capitale Economique

Fédérer par les dynamiques économiques partagées du Grand Paris

Avec la participation de Christophe ITIER, Haut-Commissaire à l’Economie Sociale et Solidaire

  • Antoine SIRE
    Directeur de l’Engagement et Membre du Comité Exécutif, BNP Paribas
  • Patrick OLLIER
    Président Métropole du Grand Paris
  • Jean-François CIRELLI
    Président, BlackRock France
  • Nicolas HAZARD
    Président, Inco
  • Marianne LOURADOUR
    Directrice régionale Ile-de-France, Caisse des Dépôts
  • Cathy PIANON
    VP Communication et Affaires publiques, EuroDisney

 

« Nous avons voulu nous saisir des dynamiques économiques partagées dans le Grand Paris parce que l’on constate à chaque déplacement organisé par Paris-Ile de France Capitale Economique combien le projet du Grand Paris rayonne. Mais cet intérêt qu’il suscite n’est pas seulement dû à la prouesse technique et industrielle, mais aussi à notre capacité à élaborer un projet de métropole durable, à préserver des équilibres économiques et sociaux qui fassent leur place à chacun. Chaque commune, chaque territoire, chaque quartier a un rôle à jouer. Le Grand Paris sera un modèle durablement attractif en étant durable aussi par les équilibres sociaux qu’il présente ».

Alexandre Missoffe

Directeur Général de Paris-Ile de France Capitale Economique

Christophe Itier

« Le talent français, ce doit être de savoir conjuguer l’attractivité économique et le savoir-faire en matière d’innovation sociale. C’est pour cela que nous avons lancé la bannière French Impact, la bannière de l’innovation sociale dans laquelle l’ensemble des acteurs puissent se fédérer et changer d’échelle. Si nous avons choisi cet anglicisme, c’est aussi parce que ce talent français est exportable, partout dans le monde.

« Nous savons qu’à terme nous aurons quand même un million de nos concitoyens qui resteront sur le bord de la route. Il nous faut absolument résoudre ce problème. Bien souvent ce sont les entreprises, les associations, les acteurs des territoires qui trouvent des solutions. Il faut faire des innovations locales des solutions nationales. Si le projet du Grand Paris veut réussir, il ne faut pas qu’il ne soit que technologie, mais aussi innovation sociale.

« Un milliard d’euros sur le quinquennat seront mobilisés pour changer d’échelle dans cette partie de l’économie qui pèse déjà 10% du PIB. Il faut aussi créer un environnement réglementaire favorable».

Christophe ITIER

Haut-Commissaire à l’Economie Sociale et Solidaire

Marianne Louradour

« Evidemment, il y a un nouvel élan, mais il y a aussi quelque chose de plus profond qui est en train de se créer aux confins d’une révolution industrielle, la quatrième, d’une pression démographique et du dérèglement climatique. Tout cela crée un terreau extrêmement favorable pour changer de paradigme. On sent sur le terrain une ébullition avec des citoyens, des coopératives, des entreprises qui innovent ; qui sortent des silos. Cela permet aussi aux politiques publiques de s’hybrider avec les contrats à impact social de nouvelles formules pour répondre aux nouveaux besoins.

« La Caisse des Dépôts est présente tout au long de la chaîne de valeur et accompagne en direct les entrepreneurs, non seulement avec BPI France, bien sûr, mais aussi avec le Fonds NovESS, qui représente 100 millions pour faire du changement d’échelle, et avec la plateforme Hub CDC qui accompagne le passage de l’idée au projet. Enfin, innovation va avec évaluation, nous développons donc un outil permettant de mesurer l’impact social ».

Nicolas Hazard

« Dans l’entrepreneuriat aussi il y a une « French touch », qui veut dire que les entrepreneurs veulent des business qui ne font pas que du cash, mais aussi du sens. Ils ont conscience de leur impact social et environnemental, par culture française, mais pas que : c’est la génération des millenials dans le monde entier qui veut se faire plaisir en créant leur boîte, mais pas qu’en vendant des produits ; il faut qu’il y ait aussi un enjeu social. Il s’agit aussi de changer le monde.

« C’est aussi un enjeu dans les grands groupes. Juste après le salaire, vient la fierté du travail fait. Les boîtes françaises sont super douées à ce jeu, comme en Afrique où des relais de croissance sont en train de se créer. Essilor par exemple fait des choses fantastiques en Inde, pour permettre l’opération de la cataracte à tous ceux qui n’ont pas les moyens de le faire ».

Jean-François Cirelli

« Il faut raison garder. 80% des 6 milliards qui nous sont confiés sont placés dans la perspective des retraites de ceux qui nous confie leur argent. Il nous faut donc impérativement penser long terme et notre président, Larry Finck, écrit chaque année aux entreprises dans lesquelles nous investissons pour leur conseiller de penser long terme.

La finance n’est donc pas brusquement devenue l’amie de tout le monde. La prise en compte des critères sociétaux et environnementaux va faire la performance dans le long terme : c’est la même chose. C’est dans notre ADN puisque nous sommes long-terme. Tous les débats sur l’objet sociétal de l’entreprise en France rejoignent évidemment ce souci. Les entreprises du CAC 40 jouent un rôle important pour prendre en compte cela : c’est un changement de business model pour elles. D’un autre côté c’est aussi aux pensions funds, family offices et autres investisseurs de nous demander de mettre en œuvre ces ambitions.

« Impact ? Cela reste un marché de niche. La plupart des investisseurs nous donnent plutôt des mandats d’interdit : pas dans la défense, pas dans le tabac. Ce sont surtout les grandes universités, les family offices qui montrent la voie. Je trouve que ça vient quand même assez vite ».

Alexandre Missoffe

« Est-ce que les émissions obligataires qui concerneront le Grand Paris Express seront éligibles ? »

Marianne Louradour

« Oui évidemment. Le Grand Paris Express est le type même de projet à impact. 15 000 emplois directs, 115 000 avec les gares. C’est un projet territorial et pas que d’infrastructure. Aujourd’hui à Clichy-Montfermeil, c’est 300 000 emplois qui sont à 45 minutes ; avec le Grand Paris Express ce sera 3 millions.

« C’est aussi le sens de l’appel à projets de la Métropole du Grand Paris sur 225 hectares, que la CDC accompagne avec 100 millions du PIA et 100 millions de fonds propres. La Société du Grand Paris elle-même innove sur la valorisation des déblais. La Caisse des Dépôts a engagé ce matin 1 milliard pour la SGP. C’est un financement à impact ».

Alexandre Missoffe

« Il y a une vraie énergie entrepreneuriale dans les territoires. On a constaté qu’il y avait 10 fois plus de créations d’entreprises en Seine-Saint-Denis qu’en Californie. Antoine Sire, comment votre groupe prend-t-il en compte cette dynamique en accompagnant les créateurs? »

Antoine Sire

« Notre entreprise a construit une vraie vision de notre présence en Ile-de-France. Malgré l’internationalisation du groupe, l’Ile-de-France a été pensée comme le cœur stratégique du groupe, où nos services essentiels seraient implantés. Par exemple, lorsque les Moulins de Pantin ont été désaffectés, BNP Paribas les as rénové et y a implanté son métier Security services monde, avec plus de 3 000 personnes, et peu à peu nous sommes devenus le premier employeur privé de Seine-Saint-Denis.

« Dans le domaine de l’économie solidaire et sociale, en se rapprochant de l’ADI, nous avons aidé à déployer 10 antennes en Ile-de-France.

«  Le choc est venu des événements de banlieues en 2005. Beaudouin Prot a choisi de ne pas être indifférent civiquement, avec le « Projet banlieue ». C’est au total 200 partenariats, et la découverte d’une vitalité considérable dans les banlieues.

« Les business de Seine-Saint-Denis ont un point de croissance de plus que la moyenne nationale. C’est considérable. Il y a tout le temps des demandes d’ouvertures nouvelles. D’où 18 nouveaux centres d’affaires créés par notre groupe dans les dernières années.

« Dans notre groupe, à l’heure où l’on parle souvent de l’entreprise apatride, on sait d’où on est : on est d’Europe et de France et notre cœur stratégique est en Ile-de-France ».

Patrick OLLIER

Président de la Métropole du Grand Paris

Alexandre Missoffe

« Chez Eurodisney, Cathy Pianon, comment intégrez-vous dans votre développement des actions au plus près des territoires ?»

Cathy Pianon

« C’est une des raisons d’être d’Eurodisney, suite à une convention avec l’Etat en 1987. Un délégué interministériel nous suit depuis sur l’ensemble de nos actions pour vérifier qu’elles puissent bénéficier à l’ensemble du territoire.

« Le nouvel investissement de 2 milliards représente un doublement de la surface du parc. Eurodisney c’est 16 000 personnes sur un même site. Nous sommes le premier employeur monosite. Nous avons beaucoup d’employeurs locaux parmi nos partenaires ».

Alexandre Missoffe

« Au MIPIM, le nouvel appel projet d’ « Inventons la Métropole » a suscité un intérêt considérable. Prenez-vous en compte l’impact sociétal et environnemental des projets dans votre évaluation ? »

Patrick Ollier

« C’est ici le 11 février 2016 que le projet initial a été lancé. Je vous en remercie. La Métropole n’avait été créée que trois semaines auparavant. Son but a été de créer de la richesse et de l’emploi avec le plus grand projet d’architecture et d’urbanisme d’Europe.

« Nous avons la chance en Ile-de-France d’avoir la Métropole du Grand Paris qui regroupe 131 communes pour porter ce projet. L’avantage c’est qu’il y a désormais un interlocuteur et non pas 131. Le maire d’Argenteuil avait eu 3 visites pour son site de plusieurs hectares ; je le mets dans le projet métropolitain, il y a 60 visites. On a quand même eu 420 dossiers pour 164 finalistes et 51 labels. Aménageurs, entreprises, associations, start-ups savaient qu’ils ne gagneraient pas tous. 51 projets très innovants et de qualité sont le résultat.

« Nous avons inventé la gouvernance partagée avec la gauche. Le travail concret dans l’intérêt public est donc notre objet. Avec le plan air climat métropolitain, avec les systèmes coercitifs que l’on va mettre en place aussi. Et bien sûr avec l’économie solidaire, la transition énergétique, les circulations douces ont été au cœur du programme. Les start-ups ont eu les moyens d’émerger, de se faire connaître. A Vaucresson par exemple, c’est le roulement des pneus dans le souterrain de l’A86 qui chauffe les logements.

«  Les 200 millions de la Caisse des Dépôts ont été le levier pour 7,2 milliards au final. On a lancé 2,2 millions de m2, 18 000 logements, 3 000 chambres d’hôtel…. Nous n’en avons pas assez entendu parlé, c’est mon seul regret.

« Les aménageurs souhaitent désormais une deuxième édition parce que les besoins de financements sont toujours là. Nous l’avons lancée au MIPIM, merci de l’avoir rappelé, avec 44 villes nouvelles et des sites plus grands en moyenne que le premier concours ».

« Cette volonté est à votre disposition. Si nous pouvons réunir tous nos efforts pour réussir la métropole et l’Ile-de-France, plus personne ne pourra douter du dynamisme de notre ville-monde. Nous avons intérêt à serrer les rangs et à travailler tous ensemble ».

Associer grands groupes & start-ups pour la réussite du Grand Paris

« Cette deuxième table ronde concerne les Grand Paris Makers, et les collaborations entre grands groupes et start-ups».

Avec la participation de Etienne GUYOT, Préfet, Directeur Général, CCIR

  • Bruno DERVILLE, Vinci Immobilier
  • Benjamin DELAUX, HABX
  • André MARTINEZ, Icade
  • Sébastien DUPRAT, Egis
    Cycle UP
  • Béatrice GASSER, Egis
  • Gabriele FIONI, CEA Tech
    ExEgis
  • William ELDIN, XXII
  • Edward ARKWRIGHT, Groupe ADP
  • Bernard MICHEL
    Real Estech
  • Karine BIDART, Paris&Co
  • David LEBON, EuropaCity

Etienne GUYOT

Préfet, Directeur Général, CCIR

Etienne Guyot

« Des grands groupes aux start-ups en passant par les ETI et les PME : c’est une ambition collective, le Président Kling l’a rappelé. Nous avons la chance d’avoir des leaders mondiaux dans les domaines de l’ingénierie, des travaux publics, des transports. C’est un atout pour réussir, et notamment à l’exportation. Nos PME nous apportent la souplesse, on en a besoin. Nos start-ups nous permettent d’être présents dans les salons internationaux. Enfin, les écoles préparent les futures compétences du Grand Paris. C’est une cordée.

« La CCI est un des fédérateurs des énergies. CCI Business c’est un lieu où se rencontrent maîtres d’ouvrages, PME, entreprises de toute la France. C’est un outil qui n’existait pas il y a deux ans, un dispositif à la fois numérique et physique qui permet de se rencontrer, entreprises innovantes ou pas.

« Le challenge est d’établir un cadre juridique sécurisé, pour que la propriété intellectuelle soit sécurisée, pour que les start-ups aient aussi une masse critique d’activités. Cela va permettre de chasser en meute à l’étranger grâce à l’effet réseau. Des grands groupes peuvent ainsi soutenir à l’international des PME et start-ups. A l’instar de ce que Paris-Ile de France Capitale Economique a réalisé pour le Pavillon français de l’Exposition universelle 2020 à Dubaï pour mettre en valeur le projet du Grand Paris dans toutes ses composantes.

« Enfin, la CCI apporte des outils : onze incubateurs, ceux des grandes écoles mais pas seulement, et un accompagnement pour 100 000 porteurs de projets. Les réseaux PLATO permettent le coaching entre des cadres de grandes entreprises (150) et des dirigeants de PME (700). L’aide à la digitalisation représente un grand challenge. Avec les « Digiteurs » les chefs d’entreprises peuvent se former aux défis du numérique».

André MARTINEZ, Icade (à gauche)

Sébastien DUPRAT, Egis (à droite)

Jacques PAQUIER

« Nous allons écouter maintenant six couples mêlant des dirigeants de grands groupes et des dirigeants de grands groupes vont vous présenter les projets qui révolutionnent leur secteur avec de nouveaux modèles économiques».

Cycle Up

André MARTINEZ

« En 2015 Olivier Wigniolle et moi-même avons trouvé une société déjà agile avec l’accompagnement de start-up et une Maison des Start-Up à Saint-Denis. Trois ans après, la situation est différence : on est passé d’un intérêt à un besoin urgent de transformer nos métiers.

« Cette transformation s’est matérialisée dans le déménagement à Issy-les-Moulineaux, un immeuble organisé en flex office. La co-innovation, des investissements, des nouveaux besoins aux usagers et locataires, l’économie circulaire, sont tous intégrés dans la stratégie d’Icade, de même que la RSE et le digital ».

« Le projet Cycle Up provient d’une collaboration à part égale entre Icade et Egis, de la prise en compte des enjeux de l’économie circulaire, et aboutit à une société dont l’objet est le recyclage des matériaux ».

Sébastien Duprat

« On parle de concret : il faut déplacer, entreposer des matériaux. En face de deux grandes sociétés, une myriade de petites qui n’ont traditionnellement pas accès à leurs commandes. Avec de la traçabilité, de l’assurance, on veut faire de l’économie circulaire un outil pour tous les acteurs de l’immobilier, au quotidien. On arrive à coopérer avec des concurrents d’Egis ou d’Icade. C’est une nouvelle ère qui va permettre de relocaliser de l’emploi et de s’attaquer à la plus grande source d’émission de CO2, les matériaux.

« Nous jetons beaucoup des matériaux fonctionnels à la poubelle. Cycle Up est donc une plateforme d’échanges qui permet des performances supérieures ; car jusqu’ici l’économie circulaire se fait à l’arrière du camion. ».

Benjamin DELAUX

Président d’HABX

HABX

Bruno DERVILLE

« La mission de Vinci Immobilier est de rendre possible la ville de demain. Nous avons rapidement organisé une rencontre entre les décideurs d’Ile-de-France et Habx et signé un partenariat de longue durée. Nous avons ensemble gagné deux concours, à Bussy-Saint-Georges et dans le Dix-Huitième sur le site Chapelle Internationale. Deux opérations en cours de commercialisation.

Benjamin DELAUX

« Habx est une plateforme qui permet à 3 millions de ménages en recherche active de logement d’être satisfaits. Habx est une plateforme de production collaborative de logements. Les ménages peuvent comparer, imaginer leur logement ».

Bruno DERVILLE

« Habx nous permet de partir de la demande avérée des acquéreurs potentiels sur un site, avant même le dépôt du permis de construire ».

Benjamin DELAUX

« Ça s’appelle du « crowd building », c’est la capacité à construire ensemble. On récupère beaucoup de data, notamment au profit des aménageurs et des pouvoirs publics. Il ne faut pas avoir peur. Nous permettons de personnaliser le logement en redonnant du pouvoir d’achat, en agrandissant la surface redonnée à chacun.

« On a été lauréat 4 fois du concours réinventons la Métropole ; les premiers logements sont en chantiers. Ils donnent une part très large à la nature ».

Bernard MICHEL présente l’association Real Estech 

Real Estech

Bernard MICHEL

« Il s’agit de créer l’écosystème qui va permette aux entreprises, aux particuliers, aux acteurs de l’immobilier d’échanger. Aux Etats-Unis on parle de « Proptech » ; nous avons préféré Real Estech. Notre première satisfaction est que le mot est en train de devenir un nom commun. On parle d’une « real estech » pour désigner une start-up dans le secteur immobilier.

« Les levées de fond sont le grand sujet. La plupart des 17 milliards levés l’année dernière sont chinois et américains. Un seul milliard a été européen ; il y a un vrai problème de souveraineté.

« Nous disposons en France et en Europe de tous les atouts du numérique et de l’immobilier. Mais l’exemple de WeWork, qui a levé 4 milliards, montre qu’il y a un besoin d’accélération.

« Je vous invite évidemment à rejoindre notre association. Ce que vous trouverez : on ne conçoit plus les projets de la même manière. Ça correspond au co-working, au partage de voiture, d’appartement, à la maintenance prédictive aussi, grâce à l’intelligence artificielle, au crowd funding, aux bâtiments intelligents, aux maquettes numériques, à la co-construction. Il y a une transformation du métier de promoteur, de la gestion des transactions, de la gestion des copropriétés… de la rationalisation des coûts.

« On crée naturellement de nouveaux services, de conciergerie notamment, mais aussi de nouvelles communautés ».

Edward ARKWRIGHT, Groupe ADP (à gauche)

William ELDIN, XXII GROUP (à droite)

Innovation Hub

Edward ARKWRIGHT

« ADP c’est 26 aéroports et 250 millions de passagers par an, un terrain d’expérimentation que nous proposons aux start-ups qui sont nos partenaires, afin d’améliorer les services qui sont rendus à nos passagers. Un aéroport doit proposer de la mobilité, être aussi intelligent que possible, un « smart & safe airport ».

« Par exemple, nous rêvons presque tous d’un aéroport dans lequel nous ne nous arrêterions pas. Nous ne pouvons pas compresser le temps de transit, mais nous pouvons simplifier les procédures, notamment sur les bagages et le retail ».

William ELDIN

« XXII c’est l’intelligence artificielle, des capteurs et des réseaux de neurones. Notre message sur l’IA : c’est pas magique. Il faut l’entraîner pour que ce soit efficace, perspicaces. Mais la base de données peut se remplacer par l’expérimentation.

« Avec ADP on travaille sur le safe airport et le smart retail. Pour la partie safe, on travaille à fluidifier vos trajets, à éviter les bagages abandonnés. On travaille aussi sur les événements anormaux dans les flux de circulation. Pour la partie smart retail, on s’inspire d’Amazon Go, sans interaction avec un vendeur et sans paiement. ADP est un gisement d’opportunités. Nous créons l’IA petit à petit, ensemble ».

Béatrice GASSER, Egis (à gauche)

Gabriele FIONI, CEA Tech (à droite)

ExEgis

Béatrice GASSER

« Egis est au cœur de la construction du Grand Paris Express, un projet éminemment complexe. Elle intervient notamment sur la ventilation et le désembuage. Nous avons décidé de créer ExEgis qui est une plateforme qui nous permet de suivre les exigences liées au projet tout au long du projet ».

Gabriele FIONI

«  A partir d’une base de donnée immense et évolutive, ExEgis est un outil permet de connaître les points importants pour le reporting et les décisions. A titre d’exemple, l’une des exigences est notamment que les usagers puissent utiliser l’infrastructure 24h/24. Comme les autres elle est reportée sur une base synthétique. C’est aussi un partenariat de longue haleine, pendant cinq ans au moins.

« L’Ile-de-France est une des régions les plus riches pour la recherche et le développement. Les liens entre le monde de la recherche et de l’industrie se font naturellement, avec comme résultat l’innovation et la compétitivité ».

Karine BIDART, Paris&Co (à gauche)

David LEBON, EuropaCity (à droite)

Karine BIDARD

« Nous sommes le premier incubateur européen, avec plus de 430 start-ups accompagnées depuis 2017. Nous avons aussi une démarche d’open innovation à destination des grands groupes. Enfin, nous avons une activité d’internationalisation, qui doit permettre de développer l’économie francilienne. Nous accompagnons l’expérimentation urbaine sur le tissu urbain dense à travers Urban Lab depuis sept ans, notamment avec la Ville de Paris, sur des programmes qui touchent au changement climatique, aux usages du bâtiment, dans le but d’identifier des solutions innovantes.

« Nous avons par exemple annoncé dix lauréats avec Airparif et la Ville de Paris parmi 46 dossiers de candidature pour expérimenter de nouvelles solutions de mesure du bruit et de la qualité de l’air. La logistique du dernier  kilomètre, avec un impact carbone neutre est un autre thème que nous suivons».

« Avec les quartiers d’innovation urbaine, l’un autour de la Station F dans le 13e Arrondissement, l’autre autour de la Porte de la Chapelle avec l’incubateur Nord Express, nous mettons autour de la table des institutionnels, des élus, des académiques, des usagers… »

David LEBON

« Vous permettez à l’ensemble des acteurs publics et privés de réparer la ville du siècle dernier pour préparer celle de demain, pour essayer de faire ces villes de deuxième couronne qui ont des problématiques et des moyens qui ne sont pas celles de la ville-centre, avec une densité d’entreprises très faible. Dans ces territoires, le seul moyen d’avoir du travail c’est de le créer.

« Il s’agit de créer ces entités économiques, et de repenser la « banlieue », de ne pas refaire les mêmes erreurs. Il faut donc penser l’ensemble de ces problématiques dès le début du projet et non plus à la fin de ceux-ci.

« Avec Europacity, on vise à corriger des inégalités territoriales, dans un quartier autour d’une gare du Grand Paris Express, qui est cette colonne vertébrale qui doit relier ce Grand Paris polycentrique. Il n’existera que si l’on peut repenser des centralités urbaines dans des lieux qui n’ont pas été pensés comme tels à l’origine ».

Global Cities Investment Monitor 2018

Les premiers résultats de l’Observatoire annuel, réalisé par Paris-Ile de France Capitale Economique en partenariat avec KPMG, montrent une progression fulgurante des investissements greenfield dans le Grand Paris.

  • Christian NIBOUREL, Président de Paris-Ile de France Capitale Economique
  • Nicolas BEAUDOUIN, Directeur du développement Paris & Centre

Christian Nibourel, Président de Paris-Ile de France Capitale Economique

Nicolas Beaudouin, Directeur du Développement Paris & Centre, KPMG

Nicolas BEAUDOUIN

« Notre observatoire a déjà 9 ans. Il porte sur les investissements Greenfield, des créations de fonctions ou des adjonctions de fonctions, et l’arrivée d’un nouvel acteur ou d’une nouvelle activité et la création de valeur. Ce ne sont pas des mouvements de titres ou des joint-ventures.

« En parallèle, OpinionWay mène un sondage auprès de 500 décideurs internationaux pour mesurer l’attractivité perçue des métropoles mondiales, qui sera présenté lors de la Soirée de l’Attractivité de Paris-Ile de France Capitale Economique, le 12 juillet. Avec le temps on s’est rendu compte qu’il y avait une vraie cohérence entre les opinions recueillies et les investissements effectivement réalisés.

« Pour commencer on constate que l’Europe est très bien placée.  Jusqu’en 2015, il y a eu une énorme progression des investissements vers l’Asie. Mais depuis deux ans l’Europe est venue confirmer sa position de première destination mondiale, même si celle-ci est parfois méconnue encore. Mais l’Europe est également le premier émetteur, avec près d’un investissement sur deux, avec une croissance de ses investissements dans toutes les zones. A l’inverse, les investissements asiatiques se contractent, sauf en Europe ».

Christian NIBOUREL

« La bonne nouvelle, c’est que Paris Ile-de-France fait un bond. C’est le plus gros bénéficiaire parmi les métropoles analysées. Paris Ile-de-France a vraiment rejoint les leaders mondiaux.

« Barcelone, Dublin et Amsterdam progressent aussi.  Pour autant leur progression est moindre que celle de Paris. Mais on peut effectivement constater que ces quatre concurrents se détachent des autres pour capter les investissements. Pour l’instant, la position de leader de Londres n’est pas encore menacée.

« Paris Ile-de-France se distingue par une forte attractivité pour les investissements européens : près de la moitié de ceux qu’il attire. C’est presque un business model particulier. Alors qu’à Londres, la moitié provient d’Amérique du Nord.

« Pour les logiciels, Paris Ile-de-France progresse fortement. 27% c’est énorme, avec un gain de 5 places, alors que sur l’ensemble des métropoles ont est plutôt à 17%. Sur les services aux entreprises aussi, Paris Ile-de-France est désormais dans le classement. De même que pour le secteur financier, qu’on aurait pu traditionnellement identifier comme une spécialité de Dublin par exemple. Paris Ile-de-France progresse très fort sur tous les secteurs.

« Enfin, on l’observe aussi pour les fonctions stratégiques, les quartiers généraux et les centres de recherche en particulier, ces fonctions qui captent de la décision et ont un effet d’entraînement».

Nicolas BEAUDOUIN

« En effet. Paris Ile-de-France talonne Singapour et est presque deuxième ex-aequo, en position de challenger Londres. On a comblé un écart très fort avec le leader, avec un écart fort au quatrième, même si il y a aussi une résilience forte des métropoles asiatiques, où les quartiers généraux sont encore en voie de structuration. Barcelone et Dublin existent sur ce classement, mais Amsterdam beaucoup moins.

« On observe aussi un décrochage de Londres vis-à-vis des investissements européens. Paris Ile-de-France a beaucoup plus de faciliter à exister sur un ensemble de segments où ces dernières années étaient beaucoup plus difficiles.

« Sur la période 2013-2017, Paris et Londres sont les deux seules métropoles européennes du top 10. Là encore, on voit bien la dynamique en place, avec beaucoup de métropoles asiatiques, et le maintien du leadership de Londres. Paris rattrape un retard pris face à Londres.

« Sur le dernier graphique on voit le bond fait par Paris l’année dernière. On verra dès juillet, avec les résultats du sondage OpinionWay si la tendance se confirme».

Alexandre Missoffe : « J’invite maintenant Isabelle Perdereau, conseillère régionale, à commenter ces excellents résultats ».

Isabelle PERDEREAU

« Valérie Pécresse, la Présidente de la Région Ile-de-France m’a demandé de la représenter ce soir. Je trouve les résultats excellents. Nous passons de la 7e à la 3e place. J’en adresse toutes mes félicitations à l’exécutif de la Région Ile-de-France, pour toutes les actions que ma présidente a mené pour l’attractivité, le développement et la compétitivité depuis 2016 et qui commencent à porter leurs fruits.

« C’est 1 milliard d’euros pour le développement économique d’ici 2021, c’est l’accélérateur Wilco : 120 start-ups, 1 500 emplois et 8 millions d’euros de prêts d’honneur. C’est aussi 1 000 laboratoires et 8 000 chercheurs accessibles via Paris Région Entreprise, le très haut débit dans toute l’Ile-de-France d’ici 2021 et des investissements massifs sur le cloud.

« Résultat : la Région Ile-de-France est la première région européenne pour les investissements en recherche et développement ; la première pour la création de start-ups et la troisième au monde pour les sièges sociaux des 500 plus grandes entreprises Fortune 500. Ce résultat est le fruit d’une politique d’attractivité importante. Valérie Pécresse s’est dit la première entrepreneuse d’Ile-de-France. Elle s’est mise à rendre la Région et ses actions connues à l’internationale. Elle a créé un comité d’entrepreneurs qui puisse la conseiller sur les actions à faire.

« Il fallait aussi appuyer sur le développement des territoires ; miser sur les filières d’avenir : l’aéronautique, le numérique et le tourisme aussi au lendemain des attentats, puisque ça a été une période difficile. Ma présidente est allée rassurer nos concitoyens étrangers, touristes et touristes d’affaires.

« Avec Choose Paris Région, les investisseurs peuvent être accompagnés jusqu’à leur implantation. On s’est rendu compte que quand un projet d’implantation prenait forme, il fallait aussi accompagner les salariés et les familles. La Région apporte son aide à une parfaite intégration.

« Dans ce sens, la langue anglaise est une chose essentielle pour recevoir au mieux nos concitoyens étrangers et pour l’intégration professionnelle. La Région a donc produit un guide de l’enseignement en langue étrangère. 5 milliards d’euros seront investis dans 6 millions de m2 de Lycées d’ici 2020.

« Les transports maillent extrêmement bien la région, mais ils doivent être améliorés et bénéficier d’une prospective.

« Paris-Saclay doit devenir un cluster de premier plan à l’international. Faisons un lobbying pour que les choses avancent aussi dans les transports dans ce territoire.

« La relocalisation des banques depuis Londres est une autre priorité suite au Brexit : HSBC a annoncé le transfert de 1 000 postes et JP Morgan de 60 postes, soit +25% d’effectifs. Des banques chinoises renforcent également leur présence en Ile-de-France, comme la Bank of Communication, 5e banque chinoise. Enfin le venture capital augmente entre 2014 et 2016 : +240%, contre -4% à Londres.

« Facebook et Amazon Web Services ont annoncé des investissements en Ile-de-France, accompagné par Paris Région Entreprises. Nous essayons également de réindustrialiser. Nous avons une présidente qui essaye de faire savoir que nous avons un savoir-faire et des territoires capables d’accueillir les industries avec une masse salariale capable de répondre aux besoins. On a monté une cartographique pour savoir quels métiers d’avenir sont en tension et sur lesquels il faut miser en matière de formation.

« Un clin d’œil essonnien pour finir ; je suis élu de Brétigny-sur-Orge où Amazon implante actuellement son plus grand centre européen. Nous avons les logements, le foncier et ne demandons qu’à avoir des bureaux ».

Faciliter la transformation de bureaux en logements

Avec la participation de Julien DENORMANDIE, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires.

  • Xavier LEPINE
    Président, La Française AM
  • Erwan LEDOUCE-BERCOT
    Avocat associé, Jones Day
  • Damien ROBERT
    Directeur général délégué au développement, Grand Paris Aménagement
  • Olivier WIGNIOLLE
    Directeur général, ICADE
  • Bernard MICHEL
    Président, Gecina

Alexandre Missoffe

« Avant d’entrer dans le vif du sujet, je tiens à remercier Xavier Lépine qui a tout de suite accepté d’animer une task force à partir d’un constat simple : d’un côté on a une tension sur le logement qui pose un problème à l’attractivité de la région capitale, de l’autre côté, on a 5 millions de m2 de bureaux vides qui pourraient devenir pour certains des logements ».

Xavier LEPINE

« Je profite de cette occasion qui m’est donné pour regretter que la loi européenne nous ait imposé de passer de 5% à 30% d’imposition sur les revenus immobiliers ; nous avions beaucoup mis en avant le régime précédent, qui était très compétitif, avec Paris-Ile de France Capitale Economique.

« Il y a deux ans, dans ce même endroit, j’avais cité Mark Twain : « c’est avec les vaches sacrées qu’on fait les meilleurs hamburgers ». Mais mes équipes m’ont expliqué qu’il était trop cher, trop compliqué, trop peu rentable de transformer des bureaux en logements. Même si certains étaient vides depuis des années, il n’y avait rien à faire.

« Il faut étrangement un permis de construire qui met deux ans à être délivrer alors que c’est déjà construit. Comme ça coûte plus cher que de faire du neuf, comme il faut des quotas de logements sociaux, il était jugé impossible de transformer.

« Si les mesures que nous avons identifiées sont transcrites dans la loi, il sera possible de retirer un certain nombre de ces verrues du Grand Paris ».

Xavier Lépine (à droite)
Président, La Française AM

Julien Denormandie (à gauche)
Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires

Erwan LEDOUCE-BERCOT

« Nos propositions visent à lever les carcans et à rendre attractive la transformation en logement. Pour avoir un permis de construire, il faut au moins trois mois. Il nous a paru efficace de soumettre les travaux à la déclaration préalable de travaux. On passe d’une logique d’autorisation à une logique de non-opposition, plus favorable et plus courte. Le deuxième verrou, c’est la limitation du volume constructible. Il faut plus de surface pour que l’opération devienne rentable en logement, donc il faut prévoir une majoration de 20%. Le troisième frein, c’est l’obligation de créer des logements sociaux, sauf dans les communes qui font l’objet d’un arrêté pour carence, bien évidemment. Le quatrième frein, c’est l’obligation de créer des places de parking. Enfin, les immeubles sont parfois résiduellement occupés. Le propriétaire aurait alors la possibilité de donner congé au locataire au bout de trois ans plutôt qu’à l’expiration du bail ».

Olivier WIGNIOLLE

« Il y a aujourd’hui 3,5 millions de m2 de bureaux vacants, dont 1,5 depuis plus de 5 ans. Mais personne n’ose s’en vanter. Or, le marché a changé, notamment dans les villes nouvelles, années 1970-1980.  Icade est sans doute l’opérateur qui a plus de logements en cours de création à partir de bureaux. Nous en avons plus de 300 en cours et plus de 2000 en projet, notamment dans le cadre d’une joint-venture avec Poste Immo.

« Cependant, ça ne peut se faire qu’en partenariat avec les élus locaux. Si le maire n’est pas d’accord ça ne va pas marcher. Si on a un petit coup de pouce des élus locaux qui peuvent changer le PLU, c’est très utile. Mais c’est beaucoup plus simple en région. La gouvernance est plus simple ».

Bernard MICHEL

« Gecina a aussi une expérience dans ce domaine, même si nous sommes leaders sur le bureau. Très peu de foncières s’intéressent au logement intermédiaire neuf. L’obsolescence des bureaux est de plus en plus importante, notamment avec la montée des normes de développement durable.

« Gecina a mené deux opérations de transformation en résidences étudiantes rentables. L’une dans le 15e et l’autre dans le 13e Arrondissement. Ce n’est faisable partout. Il y a des contraintes. La rentabilité est quand même inférieure, donc peu d’investisseurs institutionnels s’y risquent. Ce sont plutôt des bailleurs sociaux et des particuliers. Il y a cependant un gisement identifié de plusieurs centaines de milliers de mètres carrés en région parisienne. C’est certainement une des clefs pour résoudre la crise du logement ».

De gauche à droite

Julien Denormandie, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires, Xavier Lépine, Président, La Française AM, Erwan Ledouce-Bercot, Associé, JonesDay, Olivier Wigniolle, Directeur général, Icade, Bernard Michel, Président, Gecina, Damien Robert, Directeur général délégué au développement, Grand Paris Aménagement

Damien ROBERT

« On est en face de secteurs monofonctionnels de bureaux tertiaires en voie de déqualification qu’il est dans l’intérêt public de transformer, car dans quelques années on se retrouverait avec un stock tel que des aménageurs publics ne sauraient plus qu’en faire. Un choc de l’offre de logements pourrait en outre bénéficier de telles démarches. Enfin, une demande de réversibilité a émergé ces dernières années. C’est un sujet pour l’avenir ».

Alexandre Missoffe

« Monsieur le Ministre, vous avez entendu les retours d’expérience de nos membres. Je vous invite maintenant à prendre la parole ».

Julien DENORMANDIE

« Paris-Ile de France Capitale Economique, c’est avec joie que je vous retrouve aujourd’hui. J’avais eu l’occasion de beaucoup travailler avec vous il y a quelques années pour lancer des initiatives autour du Grand Paris. Vous savez combien l’attractivité est importante pour l’emploi et la compétitivité de notre pays.

« Il n’y a pas de formule magique pour faire face au très grand problème du mal-logement en France. C’est vrai que 500 000 logements ont été commencés en 2017, un record depuis 10 ans. Mais c’est juste le niveau des années 1980, alors que les familles monoparentales sont aujourd’hui beaucoup plus nombreuses. Que peut-on faire ? Avoir beaucoup de détermination. 4 000 à 5 000 logements nouveaux sont commencés à Paris aujourd’hui. On parle de centaines de milliers de logements. Mais il n’y a pas de petit combat.

« Il y a aussi une méthode à trouver. J’étais frappé par l’opposition entre les catégories : propriétaires contre locataires… Nous avons été chercher la cause-racine pour chaque problème. Un choc de simplification, par exemple, a déjà été proposé très en détail par Thierry Mandon, mais aujourd’hui le Code de la Construction c’est 2 600 pages, plus que le Code du Travail. C’est un code prescripteur, qui fixe des objectifs et indique les moyens. Dans une économie de l’innovation, c’est à vous de trouver les meilleures solutions. Dans vos propositions, je trouve le même souci de rechercher la cause-racine. Merci car nous avons cherché à mettre dans la loi les dispositions les plus opérationnelles possible.

Julien Denormandie

Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de la Cohésion des Territoires

« La dynamique du moment fait que même si on a de plus en plus de personnes intéressées par des bureaux à Paris, la probabilité d’avoir des bureaux vacants demain va s’accroître.

Partons toujours de la cause-racine. La valeur du bureau, même vacant, est souvent considérée comme supérieure à celle du logement. La constructibilité supérieure permet d’augmenter la valeur du logement face à celle du bureau vacant. 10% suffit-il ? Faut-il passer à 20% ? C’est à voir.

D’autre part, les bureaux en hauteur ne connaissent pas du tout la même réglementation. Il faut donc simplifier cela. Les servitudes existantes empêchaient la réalisation de l’opération.

« Beaucoup de travail est encore nécessaire avant la présentation du projet de loi le 4 avril. L’articulation entre le permis de construire et la déclaration préalable de travaux notamment sont encore à traiter, comme les parkings. Ce moment est vraiment important. C’est un point d’étape après plusieurs mois de travaux. Ma présence à vos côtés ne s’arrêtera pas avec le vote de la loi. Ce qui m’importe le plus : est-ce que ça marche ? Est-ce que vous allez transformer l’essai ? La Charte évoque 500 000 m2 d’ici 2020, cela représente 5 000 à 10 000 logements.

« Je me félicite de la Charte que nous allons signer à l’issue de cette table ronde. Nous nous engageons tous ensemble à mettre en œuvre cette Charte. Ce matin il y avait 6 signataires, il y en a maintenant 10 : Gecina, Kauffmann&Broad, Icade, La Française, Compagnie de Phalsbourg, Bouygues Immobilier, Vinci Immobilier, Emerige, Novestia, Spie-Batignolles ».

Les signataires de la Charte pour la transformation de bureaux en logements, réunis autour de Julien Denormandie

Lancement du Prix de la Transformation de Bureaux en Logements

  • Olivier WIGNIOLLE
    Directeur Général, Icade
  • Dominique BORE
    Présidente, Maison de l’Architecture Ile-de-France
  • Alexandre MISSOFFE
    Directeur général, Paris-Ile de France Capitale Economique

Alexandre MISSOFFE

« Quand on a démarré cette action, Olivier Wigniolle a souhaité que l’on communique sur elle pour créer un effet d’entraînement et atteindre une masse critique. Nous avons décidé de le suivre ».

Olivier WIGNIOLLE

« A l’époque on discutait de mesures très techniques. Je disais que si l’on parvenait à proposer aux élus de très belles réalisations, qui puissent faire rêver, on arriverait peut-être à entraîner davantage de réalisations ».

Dominique BORE

« La Maison de l’Architecture a été enchantée de participer à ce prix, qui est une première. J’ai sollicité le réseau national des Maisons de l’Architecture. Nous avons leur accord pour relayer le prix. Nous pourrons annoncer les premiers prix le 15 novembre ».

Alexandre MISSOFFE

« Et j’ai le plaisir de vous annoncer que Julien Denormandie s’est engagé à parrainer cette remise. Merci à Olivier WIGNIOLLE pour cette initiative et à Dominique BORE pour son accueil».

Olivier Wigniolle

Directeur Général, Icade

Dominique Boré

Présidente, Maison de l’Architecture Ile-de-France

Conclusion

Christian NIBOUREL
Président, Paris-Ile de France Capitale Economique

Les débats ont été riches. C’est le fruit de la mise en commun d’énergies. Je suis très content que l’appel à projet du Président Ollier ait levé 7 milliards ; un nouvel appel est en train de prendre corps. Nos propositions pour transformer des bureaux en logements sont en train de devenir réalité et contribueront même à un projet de loi. Ce prix est une bonne opportunité pour lancer une dynamique. Je suis très fier qu’on ait pu conclure sur la signature de cette Charte.

Je vous remercie tous pour cette journée qui a montré ce que l’on pouvait faire pour faire avancer le Grand Paris.