Place financière de Paris: Welcome to Europe!

Place financière de Paris: Welcome to Europe!

Les différents intervenants au colloque “Place financière de Paris : Welcome to Europe !”, organisé au siège d’Euronext mercredi 8 juin 2016 par Paris-Ile de France Capitale Economique et Paris Europlace, souhaitaient donner un signal fort aux investisseurs et professionnels de la finance du monde entier : “Grand Paris Région est business friendly”. Et n’en déplaise aux amateurs de french bashing, la région compte de nombreux atouts, affirmés tout au long de la matinée.

Patrick Devedjian, président du conseil départemental des Hauts-de-Seine, partenaire de l’événement, baptisé « Place financière de Paris : Welcome to Europe ! » (*), co-organisé par Paris-Ile de France Capitale Economique (PCE) et Paris Europlace, a donné le ton d’emblée : « Je me félicite d’un tel évènement, qui est une première et qui consiste à donner un signal fort pour que Paris soit enfin la place financière qu’elle a raison d’ambitionner », a-t-il déclaré.

Pour autant, et chaque intervenant l’a réaffirmé tout au long de la matinée, nul ne saurait souhaiter le malheur des autres : à 15 jours du référendum britannique au sujet duquel les derniers sondages donnent les partisans du « Brexit » gagnant, aucune des personnalités présentes n’a souhaité cette victoire qui, de l’avis général, serait une défaite historique pour l’Europe.

Brexit or not Brexit

La perspective d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne a été longuement commentée cependant, s’y préparer ne semblant pas absurde. Plusieurs dizaines de milliers de résidents britanniques, entre 30 000 et 300 000 selon les estimations, pourraient quitter la Grande Bretagne en cas de « Brexit », les conséquences sur les marchés financiers demeurant à ce stade très incertaines.

« Brexit » or not « Brexit », les intervenants ont lancé des appels à une mobilisation générale visant, notamment, à changer la perception souvent négative et au moins partiellement erronée qu’ont les financiers internationaux de notre pays en général et de sa région capitale en particulier. « Nous demandons à ceux qui croient que cette mission est impossible de ne pas déranger ceux qui essaient de la mener à bien », a résumé Stéphane Boujnah, directeur général d’Euronext group.

Christian Nibourel, président de Paris-Ile de France Capitale Economique, a rappelé les 640 milliards d’euros de PIB d’une région plus attractive qu’elle ne le croit elle-même : « Pour être attractif, il faut avant tout que nous soyons convaincus que nous pouvons attirer, a-t-il indiqué. Les investisseurs internationaux sont dans l’expectative face à l’incertitude d’un « Brexit », a ajouté Christian Nibourel. Notre Global cities investment monitor, réalisé avec KPMG, montre que la stabilité politique et la sécurité juridique sont les premiers critères des investisseurs. Nous sommes là pour rappeler que Paris-Ile de France est armée contre toutes éventualités. Paris-Ile de France est la global city où il faut se positionner », a également fait valoir le président de PCE.

Jérôme Chartier a rappelé la richesse et les multiples atouts d’une Ile-de-France qui, estime-t-il, « s’est laissée aller au cours des dernières années, provoquant la fuite de centres de décision au profit de l’Irlande, des Pays-Bas ou du Royaume-Uni ». 13 000 établissements et 600 000 employés dépendent, en Ile-de-France, d’un groupe étranger », a rappelé le 1er vice-président de la Région, qui a indiqué que l’Ile-de-France allait « faire feu de tout bois pour redevenir attractive ». Jérôme Chartier a évoqué à ce sujet le dispositif « Innov’Up », que la Région dévoilera lors de sa prochaine assemblée plénière. Il a rappelé que la marque « Grand Paris Région », avait été choisie récemment dans un souci d’unification visant à renforcer la notoriété du territoire, « Ile-de-France » étant peu porteur à l’étranger.

Concurrence décuplée entre les bassins d’épargne

Pour Gérard Mestrallet, président de Paris Europlace et du conseil d’administration d’Engie, les transitions énergétiques, démographiques, numériques vont décupler les besoins en capitaux et la concurrence entre les bassins d’épargne. « Si les banques sont à Londres, leurs clients sont ici », a poursuivi Gérard Mestrallet, indiquant que Paris accueillait plus de sièges de grands groupes que Londres ou Francfort.

Enrico Letta, doyen de la Paris School of International affairs, ancien premier ministre italien, Nadra Moussalem, directeur général Europe de Colony Capital, ou Robert Vassoyan, président de Cisco France, ont dit, chacun à leur façon, pourquoi ils avaient choisi la France, et singulièrement l’Ile-de-France, insistant notamment sur l’excellence universitaire, indissociable de l’attractivité financière. Robert Vassoyan a rappelé la vitalité de l’écosystème de start-up français qui fait que la délégation française a été la première en nombre lors des trois dernières éditions du Consumer electronic show (CES) de Las Vegas.

« Grâce également au crédit impôt recherche (CICE) l’Ile-de-France peut devenir la capitale mondiale de la R&D », a poursuivi Robert Vassoyan.

« Les choses sont en train de changer »

Frédéric Oudéa, président de la Fédération bancaire française a souligné la qualité des infrastructures financières, qu’il s’agisse d’Euronext ou d’Euroclear, et rappelé l’importance de l’épargne des particuliers, qui s’élève à 16 % des revenus, appelant néanmoins à davantage de cohérence dans les décisions prises à la tête de l’Etat. « Les choses sans en train de changer, comme en témoigne le Comité Place de Paris 2020 mis en place par Michel Sapin », s’est félicité le DG de la Société générale.

Lors des différentes tables rondes, animées par les équipes de La Tribune, l’ensemble des intervenants se sont livré à un plaidoyer pour davantage de stabilité, pour un droit du travail assoupli et une fiscalité plus attractive en comparaison avec celle de nos voisins, britanniques notamment. Kyril Courboin, président directeur général de J.P. Morgan France & Benelux a évoqué un sondage montrant qu’en cas de « Brexit », Paris n’était citée dans les destinations de substitution à Londres qu’en 5° position, après Dublin, Luxembourg, Amsterdam et Francfort… « Pour des raisons de perception, totalement déconnectées avec les réalités », a-t-il poursuivi néanmoins. Ainsi, les avantages du régime d’impatriation demeurent le plus souvent méconnus, de nombreux interlocuteurs étrangers évoquant par ailleurs une tranche d’imposition à 75 % qui n’existe plus depuis plusieurs années », a-t-il souligné.

« Mon ennemi, ce n’est pas la finance, c’est le chômage », a déclaré Valérie Pécresse, intervenant après un Jean-Louis Missika très remonté contre les propos « populistes et racistes » de Boris Johnson en faveur du « Brexit ». La présidente de la Région a notamment indiqué sa volonté de voir construire au moins deux nouveaux lycées internationaux, près de La Défense, d’une part, conformément aux vœux de Patrick Devedjian, ainsi que sur le plateau de Saclay, dénonçant, au passage, les querelles picrocholines qui opposent le personnel universitaire du plateau, les universités entre elles et les universités face aux grandes écoles, « qui risquent de coûter 100 millions d’euros », si le projet de création de l’Université Paris-Saclay, lauréate d’une des initiatives d’excellence (Idex), échoue à cause de ces querelles de chapelles. Si françaises.

* « Place financière de Paris : Welcome to Europe ! », co-organisé par Paris-Ile de France Capitale Economique et Paris Europlace, en partenariat avec la Région-Ile-de-France, le conseil départemental des Hauts-de-Seine et la mairie de Paris.

6 propositions pour renforcer la dynamique de la place financière françaises

Paris-Ile de France Capitale Economique et Paris Europlace ont présenté pour l’occasion une plateforme de six propositions :

1°) Accélérer les infrastructures d’accueil et de transport

Le positionnement de la place de Paris au cœur de l’Europe et la qualité de ses infrastructures sont d’ores et déjà l’un de ses atouts essentiels. La priorité est d’accélérer la mise en place effective du Charles de Gaulle express, la réalisation du Grand Paris express, d’Eole, de l’ensemble des aménagements du Grand Paris, et la modernisation du réseau existant, font valoir Paris-Ile de France Capitale Economique et Paris Europlace

2°) Attirer les talents

Viser l’excellence pour le nouveau lycée international de Noisy-le-Grand, qui vient d’être lancé, créer de nouveaux lycées internationaux dans Paris intra-muros, conforter les initiatives de recherche (Idex, ensembles pluridisciplinaires d’enseignement supérieur et de recherche), développer l’enseignement des langues étrangères.

3°) Mettre en place une réglementation et une fiscalité plus compétitives

Garantir une meilleure stabilité fiscale, améliorer encore le dispositif largement utilisé des cadres « impatriés », en allongeant sa durée, et supprimer la tranche marginale de taxe sur les salaires. Sur le plan de la fiscalité de l’épargne, favoriser les investissements longs en valeurs mobilières.

4°) Développer les fintech et les incubateurs

Renforcer le soutien de la région Ile-de-France et de la ville de Paris au pôle de compétitivité Finance Innovation ; lancer de nouveaux incubateurs de croissance dédiés au secteur financier ; soutenir l’action de Paris Europlace en faveur de la promotion des fintech françaises à l’international.

5°) Optimiser les dispositifs de soutien à l’innovation

Faire connaître mondialement Paris Ile-de-France comme l’une des grandes global cities de l’innovation dans le monde ; pérenniser le crédit d’impôt recherche ; développer une promotion active pour attirer les talents entrepreneuriaux ; ouvrir un guichet unique pour l’innovation au niveau de la Région, rationaliser les aides et simplifier les dispositifs.

6°) Accélérer la promotion internationale de la place financière de Paris

Développer une promotion conjointe de la place de Paris associant acteurs publics et privés, en direction des investisseurs internationaux.