Les événements sportifs au service de l’attractivité et du rayonnement de la métropole

Les événements sportifs au service de l’attractivité et du rayonnement de la métropole

Les échecs de la candidature parisienne aux Jeux Olympiques ont suscité de nouvelles initiatives pour mieux appréhender les forces et les faiblesses de la métropole dans l’organisation d’un Grand Événement Sportif International. Depuis la coupe du monde de 1998, la France a saisi l’opportunité d’accroître son rayonnement et son attractivité par le sport, et a développé son savoir-faire en matière d’organisation de manifestations d’envergure mondiale. Pour le Grand Paris, un travail de persuasion sur le potentiel de ces grands événements doit encore être mené, pour que le territoire métropolitain devienne un hôte d’exception. 

L’économie : moteur de l’organisation d’un grand événement, avec ses ressources et ses limites. 

La question des retombées économiques va de pair avec les grands événements. Évaluer leur impact sur le territoire légitime ou non l’investissement des budgets publics et des collectivités par rapport à une opinion publique encore partagée, parfois difficile à convaincre. Mesurer le retour sur investissement est aujourd’hui un impératif tant pour les organisateurs, les collectivités, les élus et la population. Les retombées directes sont plus faciles à mesurer ( la consommation, l’hôtellerie), que l’économie générale dans la durée (en matière « d’image » ou de « rayonnement »). On distingue alors les impacts indirects (relations territoires/entreprises par exemple), et les impacts induits (tels que les achats locaux). Si les étudier en toute objectivité reste parfois difficile, les retombées économiques n’en restent pas moins bien réelles et en grande partie mesurables. 

Organiser un grand événement : une véritable vitrine pour le territoire  

Les grands événements sportifs internationaux sont des vecteurs de développement du territoire hôte. L’ampleur et la force d’attraction, permettent de débloquer de nouveaux fonds pour l’aménagement et la dynamique, et laisse un héritage tant matériel que immatériel. Cette capacité se détermine tant par la couverture médiatique, les nationalités présentes ou la durée (qui plus elle est longue, plus le prestige est supérieur). On note à ce jour 34,4 milliards de téléspectateurs aux Jeux d’été, 10 milliards devant les Jeux d’Hiver, 24 milliards devant la Coupe du Monde de Football et 4 milliards devant la Coupe de monde de Rugby. Cette convergence de téléspectateurs n’est pas seulement sur la compétition, mais aussi sur le territoire hébergeur, qui mène ainsi une véritable campagne publicitaire internationale. Dans son bilan de l’Euro 2016, Paris a pris conscience de cette force (les images du pied de la Tour Eiffel ont été les plus vues du monde après les matchs), et l’investissement de 3 millions dans la fan zone de la ville a eu sa rentabilité inattendue, avec 50 000 personnes présentes. 

L’organisation d’un grand événement apporte donc des ressources à un territoire, en particulier en terme de rayonnement international. Pour la métropole du Grand Paris, c’est une double opportunité : celle d’accroître son rayonnement culturel, et son attractivité sportive dans le même temps. Il est donc intéressant pour une métropole d’envergure mondiale de ne pas hésiter à s’appuyer sur les ressources que peuvent fournir l’organisation de Grands Événements sportifs internationaux. 

Un impact territorial et économique concret

L’héritage matériel (urbanisme, infrastructures, transports, services), amène le lieu à montrer son meilleur visage, et c’est pour cette raison que la place des pouvoirs publics est centrale dans l’efficacité du projet, sportif comme territorial. Paris,  portée par le COJO 2024 et la SOLIDEO, suit cette voie, en engagent d’importants investissements en Seine Saint Denis (qui bénéficie déjà d’héritages antérieurs, stades, gares). Si un décalage persiste encore (surtout au sein de la Plaine Commune où le taux de pauvreté est de 35% et le taux de chômage des jeunes de 38%), Paris 2024 a pour objectif de doter en ressources le territoire des jeux, en localisant des infrastructures certes, mais surtout en mobilisant un écosystème (attribuer 25% des marchés aux TPE-PME, plateforme solidaire ESS 2024 pour des entreprises notamment). L’impact sur les emplois doit être durable et ce sur toute la chaîne de valeur (prestataires, créations, accueil).

Du simple championnat d’échecs de 1000 participants au championnat du monde de cyclisme avec 25 000 personnes, en passant par Roland Garros, les spectateurs viennent toujours profiter des services d’une ville le temps d’une compétition. L’héritage se retrouve aussi dans les retombées économiques, au-delà de la période de l’événement. L’Euro 2016 a rapporté 1,2 milliard d’euros en France, dont 625 millions liés au tourisme et 600 millions générés par l’organisation. 600 000 spectateurs étrangers sont venus, avec une moyenne de 154€ dépensés par jour. L’Etat a récolté 70 millions d’euros en TVA, et en déduisant le budget des opérations et des stades (environ 650 millions), les villes ont été bénéficiaires à hauteur de 250 à 300 millions d’euros. Les longs événements sont particulièrement perçus comme des prétextes de visites touristiques et culturelles plus longues dans les villes hôtes. S’il ne faut pas surestimer la croissance économique des villes qui en découle, il existe néanmoins une véritable dynamique de ressources et d’économie pour le territoire. 

Le rayonnement d’un territoire bénéficie lors d’événements sportifs internationaux de nouvelles ressources, culturelles, économiques et urbaines. A l’échelle locale comme internationale, ces évènements restent des perspectives d’attractivités intéressantes sur lesquelles le projet du Grand Paris peut s’appuyer afin de renouveler son image, notamment comme étant un territoire où les évènements sportifs sont au centre des intérêts. 

L’héritage immatériel : une nouvelle dynamique pour l’organisation de Grands Événements 

La notion est désormais incontournable, principalement face à la critique de l’opinion vis-à-vis des investissements effectués en comparaison des héritages matériels parfois laissés. 118 recommandations ont ainsi vu le jour pour réformer l’organisation des grands événements, prenant en compte le territoire et la durabilité des effets. L’objectif est de maximiser l’impact territorial, en diminuant les coûts, et en menant des actions pour optimiser et transmettre l’héritage des Jeux pour le futur, pour la métropole et sa population. Pour l’Euro 2016, la politique d’héritage était pionnière mais encore peu structurée, alors qu’en 2019 la Coupe du Monde féminine s’est doté d’un département « impact et héritage », et d’un budget solide (le choix des villes hôtes reposait par exemple pour moitié sur la partie stade et l’autre moitié sur l’engagement du territoire). En plus d’organiser la compétition en elle-même, les collectivités coordonnent aussi leurs politiques sociales et sportives avec l’événement. En matière d’organisation de grands événements, Paris doit rester sur cette même dynamique de coalition avec le mouvement sportif. 

La notion d’héritage immatériel est désormais un enjeu attendu et observé lorsque l’on parle d’événements sportifs au sein d’un territoire. Pour la métropole du Grand Paris, il s’agit de manier cette notion afin de l’utiliser comme une ressource et non comme une limite dans sa stratégie de rayonnement sportif international. 

Développer la pratique sportive : une dynamique à développer 

Le développement de la pratique sportive est souhaité tant par le mouvement sportif que par les politiques publiques. Dernièrement, 12% des 35-49 ans déclarent que les événements ont joué un rôle dans le démarrage d’un nouveau sport et 16% des moins de 34 ans qu’ils leur ont donné envie de pratiquer. La stratégie, imaginée par les fédération sportives, encadre l’organisation générale (rayonnement, démocratisation, changement d’image, augmentation du nombre de licenciés). La Ryder Cup 2018 a démocratisé le golf (démarches scolaires, sociales, ou encore d’accès), la coupe du monde de rugby 2007 a développé la pratique en Ile de France d’un sport encore perçu « du Sud-Ouest ». L’occasion mobilise club et territoires dans de nouveaux liens. Et, si un pic de licenciés s’observe à chaque fois (effet « Manaudou », ou en 2008 une augmentation de 26 % soit 58 000 licenciés au Rugby, hausse constatée des achats de matériel de tennis après Roland Garros), il faut aussi noter que pour les sports moins médiatisés l’impact est parfois difficile à entretenir dans la durée. La promotion du sport fait partie des outils de l’État et des collectivités, particulièrement aussi le domaine de la santé, ou le « sport santé » est désormais connecté aux grands évènements sportifs. 20% des adolescents et 6 adultes sur 10 sont atteints de surpoids, et ce coût dans les dépenses est estimé à 20 milliards d’euros annuels (soit 5% des dépenses de santé en France). Paris 2024 s’est particulièrement positionné sur le sujet en travaillant avec le ministère Jeunesse et Sport pour rendre la nation française plus sportive (programme « bouger plus », position avec l’Observatoire National de l’Activité Physique et de la Sédentarité, ou encore la Semaine Olympique et Paralympique). 

Rassembler autour d’un projet sportif et d’un territoire

L’organisation de grands événements rassemble et fait vibrer toute une société, au-delà du milieu d’origine, de son lieu de résidence et par-delà les générations. En 2013, 84% des Britanniques déclarent que les Jeux avaient eu un impact positif sur « l’humeur » du pays, et en 2016, 88% des Français de 18-24 ans pensaient que le sport et ses événements avaient un impact durable sur le moral. Autour du mouvement sportif et des acteurs publics et privés, de projets communs soutenus par l’Etat, les événements et leurs héritages mettent en place des éléments concrets dans l’évolution des sociétés (exemple avec le « sport féminin » après 2019). Paris 2024 se déploie ainsi sur des programmes sociaux et solidaires (label Terre des Jeux, ou « Génération 2024 ») pour dynamiser l’impact des Jeux, à la fois durant et après, de façon matérielle et immatérielle. L’heure n’est plus à la création d’infrastructures lourdes, mais au développement de politiques adaptées au territoire afin de le transformer en profondeur. L’organisation de grands événements sportifs peut donc être moteur de solides ressources à exploiter dans le rayonnement et l’attractivité de la métropole. 

La pratique sportive et les événements sportifs, qu’ils soient internationaux ou non sont liés. En effet, dans le projet d’une métropole sportive de rang mondial il est nécessaire de faire évoluer les deux facteurs en cohésions. Ce n’est que de cette façon que le sport peut se révéler un élément d’attractivité stable et fiable pour le projet du Grand Paris.