Xe Forum Innovation et Recherche

Xe Forum Innovation et Recherche

L’industrie du futur figurait au cœur du Xe Forum innovation et recherche organisé, le 9 novembre, par Paris-Ile de France Capitale Economique (PCE). PCE a formulé une série de propositions pour accélérer la transition numérique des entreprises et hisser Paris à la première place des smart manufacturing cities.

« L’industrie du futur est un thème essentiel qui participe à la métropolisation mondiale de Paris Ile-de-France », a rappelé Jean-Marc Ayrault, en ouverture du Xe Forum Innovation et recherche organisé par PCE le 9 novembre, sur le thème des smart manufacturing cities. « Cette révolution du smart manufacturing – encore appelé industrie 4.0 – touche toutes les entreprises, de la start-up aux grands groupes », a également fait valoir le ministre des Affaires étrangères et du Développement international.

« L’association Paris-Ile de France Capitale Economique (PCE) joue un rôle essentiel aux côtés des acteurs publics et de leurs opérateurs, je pense à Business France, pour promouvoir l’attractivité du Grand Paris », a poursuivi l’ancien maire de Nantes.

« L’industrie du futur est un thème essentiel qui participe à la métropolisation mondiale de Paris Ile-de-France » a rappelé Jean-Marc Ayrault, en ouverture du Xe Forum Innovation et recherche organisé par PCE le 9 novembre 2016

© JM Heidinger

« Une redistribution mondiale des cartes s’amorce », a souligné Christian Nibourel, président de Paris-Ile de France Capitale Economique, lors de ce Xe Forum. « Dans cette nouvelle ère, les acteurs les plus innovants, qui bénéficient du marché le plus dynamique et des investissements les mieux avisés, vont prendre sur leurs concurrents une avance qui ne fera, le plus souvent, que se renforcer », a indiqué Chiara Corazza, directeur général de l’association.

L’enjeu ? Un impact majeur sur l’emploi, la croissance et l’attractivité, via l’image différenciante et innovante qu’apporte le smart manufacturing, fait valoir PCE qui a réalisé, avec PwC une étude de benchmark internationale sur ce thème, présentée par Bernard Gainnier, président de PwC France. « Un de ses enseignements est que la concurrence, dans ce domaine, ne se joue pas entre Etats mais bien entre global cities, comme c’est le cas pour les talents ou les capitaux, souligne Chiara Corazza. Les villes vont désormais attirer aussi les industries, mais des industries différentes, propres. Cette compétition a lieu aujourd’hui, hic et nunc », poursuit-elle.

Cobotique

« L’industrie de demain tirera sa force de l’écosystème singulier que proposera chaque métropole, et des ressources auxquelles elle donne accès », a souligné Jean-Paul Vermès, président de la chambre de commerce de Paris Ile-de-France lors de ce Forum. Sudhi Bangalore, directeur général de Smart manufacturing & industry 4.0 strategy and transformation, Wipro, a souligné, en présence de S.E. Dr Mohan Kumar, Ambassadeur d’Inde en France, l’accélération du rythme avec lequel la numérisation de l’industrie change la donne industrielle mondiale. « Dans les périodes d’accélération de l’histoire, il faut penser différemment », a indiqué Gilles Babinet, cofondateur d’Africa4Tech, décrivant par exemple le « vertical farming », nouveau modèle d’agriculture aux externalités neutres. « L’éducation devient l’énergie primaire de la révolution industrielle à laquelle nous faisons face », a-t-il également fait valoir.

Jacques Mulbert, président d’ABB France et Benelux, a décrit l’émergence de la cobotique, robotique collaborative où des robots – désormais totalement sécurisés – peuvent sans risque collaborer avec des opérateurs en chair et en os. « Cette collaboration directe entre l’homme et le robot permet d’améliorer l’environnement de travail en attribuant les tâches pénibles au robot, d’améliorer la rapidité et la flexibilité d’exécution », a-t-il résumé.

« Les révolutions industrielles sont caractérisées par trois facteurs, a rappelé Henri Balsan (Engie) : une rupture énergétique, une rupture avec les moyens de communication, et une rupture sociétale que l’on oublie trop souvent. Engie répond à cette révolution industrielle par le 3D : une activité décarbonée, digitalisée, décentralisée », a-t-il ajouté.

Paris, un territoire bien armé

Bonne nouvelle, l’enquête réalisée pour l’occasion par PCE et PwC indique que Paris Ile-de-France se situe dans la course et même parmi les top smart manufacturing cities. « L’envergure et la renommée internationale des acteurs privés impliqués, conjuguées à une infrastructure propice font potentiellement de Paris-Ile de France un territoire bien armé, indiquent ses auteurs. Il reste cependant des faiblesses à surmonter : dans la capacité à engager des actions collaboratives notamment, malgré des progrès notables au cours des dernières années, liés à l’action des pôles de compétitivité. »

Accélérer la transition numérique des industries

« Comment faire de Paris Ile-de-France la Smart Manufacturing par Excellence ? »
Tel est le titre du groupe de travail réuni sous la présidence de Jean-Luc Beylat, président de Nokia France et du pôle de compétitivité Systematic.

Les propositions du groupe de travail de PCE visent tout d’abord à accélérer la transition numérique des entreprises. Cela consiste à :

1 – Apprivoiser la transition numérique

Il s’agit notamment d’organiser une vraie dynamique collaborative entre patrons pour diffuser les bonnes pratiques, mobiliser les acteurs publics disposant de lieux d’accueil attractifs, ou développer des outils pratiques type « plateformes d’usage ».

2 – Renforcer l’investissement dans la transition numérique

Cela passe en particulier par des aides à l’investissement pour numériser les données (robotisation, cybersécurité) ou une meilleure connection (fibre) des pôles d’activités et une mutualisation des actions entre PME ou entre PME et grands groupes (formation, plateformes, machines, installations).

3 – Révolutionner la formation

De l’école primaire à l’université… en enseignant les algorithmes dès le primaire puis les bases de la programmation, et en créant une école de la 2e chance autour de la transition industrielle, en augmentant les effectifs des formations mixtes ingénieurs-développeurs pour répondre aux besoins croissants liés aux logiciels embarqués.

Et tout au long de la vie, en amplifiant les programmes de reconversion et en décloisonnant les enjeux de formations initiale et continue. Il s’agit de repositionner la formation sur les nouveaux métiers et de développer des supports attrayants pour les générations X, Y… : Mooc, contenus numérisés, réalité augmentée.

Par ailleurs, il s’agit de doper l’image smart manufacturing city de la région capitale, ce qui suppose de :

4 – Stimuler les initiatives

En favorisant la mise en place d’une gouvernance ad hoc, coordonnée avec les pôles de compétitivité, les initiatives public-privé et les incubateurs.

5 – Structurer une démarche autour de la marque Greater Paris Creative industry

En fédérant l’ensemble des acteurs du smart manufacturing franciliens autour de cette marque, en lien avec la campagne de l’Alliance industrie du futur « Creative industry ».

6 – Capitaliser sur les atouts de Paris Ile-de-France en tant que smart manufacturing city

En mettant en avant les facteurs de différenciation. Le groupe propose le lancement d’une campagne internationale pour célébrer l’excellence industrielle de Paris Ile-de-France.

7 – Développer des vitrines industrielles de classe mondiale

Il s’agit de les rendre visibles à l’échelle internationale pour attirer industriels et talents, de faire connaître les sites industriels d’excellence et les grandes plateformes de recherche technologique sur les sujets industriels et académiques.

Consulter les propositions de l’étude Smart Manufacturing Cities :