Séminaire Franco-Chinois

Aux côtés de China State Construction Engineering Corporation (CSCEC) et China Communications Construction Company Limited (CCCC), les deux plus grands groupes de BTP au monde, les principaux acteurs de l’immobilier et de la finance du pays étaient réunis, le 19 octobre 2016, par Paris-Ile de France Capitale Economique pour rencontrer les dirigeants économiques français autour des opportunités d’investissement du Grand Paris.

« Au début, nous rencontrions davantage des éclaireurs. Jamais, jusqu’à présent, des dirigeants chinois de ce niveau n’avaient manifesté aussi directement leur intérêt pour le Grand Paris », commentait Philippe Yvin, président du directoire de la Société du Grand Paris. Des propos qui caractérisent la rencontre organisée le 19 octobre dernier par Paris-Ile de France Capitale Economique (PCE), l’Association franco-chinoise pour le droit économique et le comité France Chine, suivie d’une journée de visite de terrain.

Les dirigeants de China Communications Construction Company Limited (CCCC), le plus grand groupe de BTP chinois, Beijing Capital Group, Haitong Securities, LiuGong Group, Jin Jiang, Road King Infrastructure, Yongxinhua, des groupes dont le chiffre d’affaires cumulé dépasse les mille milliards d’euros ont ainsi côtoyé, deux jours durant, les dirigeants économiques français. C’est l’ADN de PCE, en effet, que de faire se rencontrer les chefs d’entreprises franciliens et étrangers. Côté français, les membres de Paris-Ile de France Capitale Economique, comme Vinci, la Société du Grand Paris, Colony Capital, CDC International Capital, La Française, Hermitage Groupe, EY étaient notamment présents.

Patrick Ollier présente « Inventons la métropole du Grand Paris » le 19 octobre dernier devant les dirigeants des plus grands groupes chinois réunis par PCE

© PCE

« Les groupes chinois ont été ciblés et invités en fonction de l’intérêt manifesté pour le projet du Grand Paris et de leur capacité d’investissement à l’occasion des roadshows que Paris-Ile de France Capitale Economique conduit chaque année depuis 2007 en Chine », rappelle Chiara Corazza, directeur général de PCE. L’association tire les fruits d’un long travail de sélection des investisseurs chinois désireux non pas d’investir seulement des capitaux dans le Grand Paris mais souhaitant s’associer à des acteurs industriels français pour mener des projets en partenariat. « Nous avons eu la chance d’avoir avec nous Patrick Ollier qui a présenté en avant-première le concours d’architecte de la métropole du Grand Paris et ses opportunités », ajoute Chiara Corazza.

« Inventons la métropole » a occupé une place de choix lors de ces rencontres franco-chinoises. Patrick Ollier a décrit les modalités et l’esprit de cette initiative qui permet à la métropole du Grand Paris d’organiser, quelques mois après sa naissance et alors qu’elle ne dispose pas encore de la compétence aménagement, le plus grand concours d’architecture européen. « Les architectes, bâtisseurs, designers chinois sont naturellement les bienvenus a souligné le député-maire de Rueil-Malmaison, tout comme les investisseurs. » Me Raunet, notaire du concours (Etude Chevreux), a décrit pour sa part l’organisation largement électronique de la consultation, avec une dataroom ouverte à tous les candidats leur offrant accès à une banque de données partagées avec un ensemble de procédures dématérialisées garantissant à la fois sécurité juridique et efficacité.« Les groupes chinois ont été ciblés et invités en fonction de l’intérêt manifesté pour le projet du Grand Paris et de leur capacité d’investissement à l’occasion des roadshows que Paris-Ile de France Capitale Economique conduit chaque année depuis 2007 en Chine », rappelle Chiara Corazza, directeur général de PCE. L’association tire les fruits d’un long travail de sélection des investisseurs chinois désireux non pas d’investir seulement des capitaux dans le Grand Paris mais souhaitant s’associer à des acteurs industriels français pour mener des projets en partenariat. « Nous avons eu la chance d’avoir avec nous Patrick Ollier qui a présenté en avant-première le concours d’architecte de la métropole du Grand Paris et ses opportunités », ajoute Chiara Corazza.

Paris, ville du bonheur

En ouverture de ces rencontres, Christian Nibourel, président de PCE, a rappelé les fondamentaux de l’Ile-de-France : la Région capitale, c’est 640 milliards d’euros de PIB, (plus que la Suisse ou la Suède). « L’effet Grand Paris, c’est un doublement de la croissance du PIB dans les 15 prochaines années, 250 milliards d’euros de PIB additionnels à 10 ans… », a-t-il rappelé.

Christian Nibourel, président de Paris-Ile de France Capitale Economique et Ivan Ko président de Real Estate Capital Asset Services Limited

© DR

Jean-Paul Vermès, président de la chambre de commerce et d’industrie de Paris-Ile de France a décrit l’intérêt de CCI Business, la plateforme des investissements du Grand Paris, « qui offre une vision globale et met en relation les maître d’ouvrage du Grand Paris avec les entreprises ». « Si l’Allemagne est plus décentralisée, la France est nettement plus diversifiée », a indiqué Xavier Lépine. Le président de la Française a rappelé la démographie très positive de la France et de Paris, que les Chinois nomment « la ville du bonheur ».

« A l’exception de Berlin, l’immobilier allemand semble bien triste », a poursuivi le promoteur qui a insisté sur la rentabilité supérieure de Paris par rapport à Londres : « L’Angleterre a connu un très fort développement au cours des dernières années, qui en fait aujourd’hui une économie très financiarisée, un marché extrêmement mature, dans lequel les rendements n’excèdent pas 2 % », a-t-il indiqué. Et le Brexit, « qui préoccupe la place financière de Londres », n’arrange pas la situation britannique à cet égard.

Uber et la Seine-Saint-Denis

Xavier Lépine a décrit à son tour l’ampleur de la réforme en cours avec le Grand Paris, « alors que les frontières de la capitale n’avaient pas évolué depuis 1860 ». « La Grande Bretagne a investi 17 milliards pour transporter 500 000 britanniques, nous allons investir 30 milliards pour 2 millions de voyageurs, ce n’est pas la même échelle », a également fait valoir Xavier Lépine. A propos des évolutions sociétales en cours, « Über a sans doute contribué davantage au développement de la Seine-Saint-Denis au cours des dernières années que tous les plans de relance », a déclaré par ailleurs le président de la Française.

« L’Ile-de-France, avec 150 000 personnes œuvrant dans la recherche et développement, constitue en outre la plus grande base de chercheurs au monde », a poursuivi le promoteur. Ce dernier a cité quelques-uns des projets emblématiques, en cours de réalisation ou en projet, qu’il s’agisse du nouveau Palais de justice de Paris, d’Europacity, de Paris-Saclay ou de l’Arena à Nanterre.

6 milliards prêts à s’investir pour la tour Dexia-CBX

Erik Sonden, senior adviser chez Ernst & Young corporate finance, a donné le montant de la vente de la tour Dexia-CBX acquis par Tishman Speyer, qui s’élève à 300 millions d’euros. « 20 offres de ce montant ont été formulées, ce qui signifie que 6 milliards d’euros étaient prêts à s’investir pour acquérir cet actif », a-t-il fait valoir. Gilles Soulé, vice-président et directeur financier d’Hermitage, la société d’Emin Iskenderov, a décrit le projet de double tour mixte, à La Défense, qui seront « une destination en soi ». A 320 m de haut, l’œuvre de Norman Foster qui comportera plusieurs  piscines, « offrira, grâce aux immenses baies vitrées qui couvriront les tours, une vue inédite sur Paris et une alternative à la piscine du Ritz », pour baigneurs fortunés.

« L’intérêt des investisseurs chinois est manifeste. Le Grand Paris n’est plus un projet mais un chantier considérable en marche », a souligné à son tour Philippe Pronost. Le deputy CEO de CDC International capital a rendu hommage à la Société du Grand Paris « qui tient les échéances ». « La terre comptait 250 millions de francophones en 2010, ils seront 700 millions en 2050 », a-t-il poursuivi, afin de souligner l’importance croissante des marchés auxquels la France ouvre, y compris en Afrique.

Neli Nanova, China Communications Construction
Chiara Corazza dans les salons du Meurice

© PCE

« Le Grand Paris est un attracteur formidable, se félicite Chiara Corazza. Il signale que Paris Ile-de-France comptera parmi les métropoles-phares du 21e siècle. Les grands groupes étrangers y voient à juste titre une opportunité unique. Il s’agit désormais de mobiliser leurs capitaux, leurs talents et les meilleures innovations pour contribuer à la réussite du projet. » Au lendemain de cette visite, on se félicitait, à PCE du follow-up absolument exceptionnel de ces rencontres.

A la découverte de la smart city métropolitaine

Le 20 octobre, la délégation chinoise a pris son petit-déjeuner en compagnie du préfet d’Ile-de-France puis visité plusieurs des grands pôles immobiliers qui se transforment dans le cadre du Grand Paris, dont Plaine Commune et Issy-les-Moulineaux « Nous avons voulu montrer aux 22 dirigeants chinois présents non pas des projets à venir mais des réalisations existantes ou en cours », indique Chiara Corazza. Avec l’association Rêve en Seine, dont PCE fait partie, la délégation s’est notamment rendue à Domolab, démonstrateur de la ville durable de Plaine Commune, afin d’y découvrir les dernières innovations du smart building, traitement du son, de la lumière ou de la chaleur. La délégation chinoise a visité le site du Millénaire, exemple de valorisation foncière et déjeuné dans les tribunes officielles du stade de France, déjà vieux stade, entretenu par des mises régulières au goût des dernières technologies du jour. Enfin, la caravane franco-chinoise a fait une halte à Issy-Les-Moulineaux, temple de la smart city. La veille au soir, la délégation avait eu droit à un sommet de l’art de vivre à la Française, lors d’un dîner offert par PCE au Meurice, chez Alain Ducasse.

Le 20 octobre 2016, visite du stade de France